Johann Corgié, haut en couleurs

Johann Corgié, coloriste




A l'occasion de la onzième édition des Crayonantes les 10 et 11 décembre, l'auteur nantais Johann Corgié viendra évoquer son métier de coloriste dans le cadre d'une conférence.

Johann Corgié n'ignore rien des Crayonantes. Il a participé en plusieurs occasions à notre festival, notamment lors des Rencontres pro-amateurs où il a conseillé de nombreux auteurs en herbe.

Trappeurs de rien Tome 2En 2016, l'ancien élève de l'école Pivaut a une actualité très riche, avec les parutions de deux albums, "Le vieux fou" (éditions de la Gouttière), deuxième tome de la série "Trappeurs de rien" avec Pog et Thomas Priou, et "Le quatrième frère" (Glénat), deuxième tome de "Le chant des Runes" avec Sylvain Runberg et Jean-Charles Poupard.

En dépit de cette forte activité, Johann Corgié trouve le temps de préparer une conférence sur son métier pour le festival et même de répondre aux questions de notre site.

Johann, comment devient-on coloriste ?

Je ne pense pas qu'il y ait une seule façon de devenir coloriste, mais plusieurs. Pour ma part c'est un peu un hasard : j'ai commencé comme assistant coloriste en attendant de faire mûrir mon dessin, et de fil en aiguille, mon maitre coloriste m'a proposé des tests couleur à faire, le quatrième a été le bon. Ensuite ça s'est enchainé sans que je m'en rende compte. Pour ce métier, je pense qu'il faut avoir un sens de la couleur bien évidement, mais surtout savoir s'adapter aux différents styles des dessinateurs. Et pouvoir travailler vite !

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Tu utilises quoi ? Des crayons de couleurs ? De la peinture ?

Je ne travaille pas du tout en traditionnel, mais sur ordinateur. A notre époque, c'est devenu la norme et heureusement, car si je devais bosser avec des pinceaux et des crayons, ça serait une catastrophe ! Je travaille sur une cintiq, une tablette sur lequel je peux directement dessiner à même la surface. Et j'utilise Photoshop. Cela reste de la peinture, mais numérique. Et pour ma part, j'aime bien me créer des taches à l'aquarelle ou à l'encre, les scanner et les intégrer dans mes couleurs. Je trouve que ça donne un coté moins froid que de tout faire sur ordinateur.

Pourquoi le nom des coloristes n'apparait-il jamais sur la couv' des albums ?

Voilà la question qui fâche ! Honnêtement, je n'en sais rien. J'ai pu travailler avec certains éditeurs pour qui mettre le nom sur la couv' est une évidence et d'autres pour qui c'est une hérésie. Entre ces éditeurs qui considèrent les coloristes comme des tâcherons interchangeables (on emploie même des studios pour coloriser) et les auteurs à qui ça ne vient jamais à l'esprit, dur de s'imposer. Mais il y a quand même de l'espoir, certaines personnes peuvent venir te chercher pour avoir ton travail et pas un autre, ce qui te donne une certaine légitimité comme auteur. Je pourrais en parler pendant longtemps (et beaucoup râler...) mais tant que le coloriste sera considéré non pas comme un auteur qui apporte une identité/univers au projet, mais comme un simple exécutant sans intérêt, peu de chance que les choses bougent.

La conférence de Johann Corgié aura le samedi 10 décembre à 14 heures au premier étage de la Manufacture des Tabacs dans le cadre du festival Les Crayonantes.



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