Interview d’auteur : Faustine

Faustine




Faustine est une graphiste illustratrice qui travaille également dans le web. Elle dessine sur ordinateur et sur aquarelle, pour la pub et les bouquins. Elle répond aux questions de Taille-Crayon.

Bonjour Faustine, peux-tu te présenter brièvement ?

Mon vrai nom est Julie Moryoussef (Stoffer), et mon pseudo d'artiste c'est Faustine. Je suis née à Nîmes, j’ai vécu une vingtaine d’années à Paris, un tout petit peu en Irlande et une année en Angleterre. J’affectionne très fort le Royaume Uni (il me manque l’Ecosse, entre autres !). Cela fait six ans que je me suis mise à dessiner. D’abord en mode exutoire (un accident de vie important) en mode croquis bâtons et ronds, et ça plaisait. Le fond plaisait, ça faisait écho semble-t-il malgré la forme. Et au fil du temps, un vieux rêve de gamine s’est vu transformé en passion que je travaillais non-stop à côté de mes tafs dans le web. Puis c’est devenu mon métier à part entière.

C'est quoi la première BD que tu as lue ?

Gotlib ! Dieu que j’aime son humour, son observation des êtres vivants, autant les humains que les animaux.Sa poésie, son humour trashouille, et son audace de revisiter des grands classiques suivant son regard à lui bien caustique.

Julie Moryoussef-StofferEt la première illustration à laquelle tu as participé ?

La vraie de vraie c’était une campagne pour Noël chez Yahoo. J’étais vraiment débutante, et j’avais une grosse mission sur les épaules : faire tout le calendrier de l’avent illustré en anecdotes de Noël, pour leur site web. A posteriori, j’ai honte de ce que j’ai réalisé. J’étais une toute toute débutante. Les idées pouvaient peut-être déjà y être mais alors l’expérience … pas du tout !

Tu as un mentor ? Un artiste qui t'inspire particulièrement ?

J’adore Aude Picault. Cette fille ça a été la révélation. La simplicité et l’efficacité de son trait, la sensibilité et la force qui se dégagent d’une ligne, une accentuation de ligne dessinée. Elle est toujours très juste et impactante.

faustine NettC'est qui, ton héros de BD préféré ?

C'est... Aude Picault, justement, si on part du postulat que tout est autobiographique. Je suis tombée en amour avec "Le combat ordinaire" de Larcenet. Ce cheminement est touchant, fort, juste lui aussi, ça transpire la véracité des émotions qui nous balayent. J’adore le couple des Bidochon, dans un registre un peu plus beauf, mais tout aussi succulent. Bref j’aime les vrais héros : les gens de la vraie vie, auxquels je m’associe inconsciemment beaucoup plus facilement, j’imagine.

A quel moment de la journée tu travailles le mieux ?

Bonne question. Pendant près de cinq ans sur les six, c’était la nuit. Pourquoi, comment, je sais pas. Ca m’inspirait, ça me désincarcérait. Avec l’ombre, on voit mieux la lumière ? Par contre, après une année véritablement fatigante, j’avoue que je préfère désormais la journée. Comme on boit un bon café, c’est devenu un petit plaisir, et non un rituel du soir qui rend insomniaque. Rendez-vous compte : quand on est perfectionniste (et selon soi), si un truc est inachevé, on le finit. Point. Et selon les cheveux blancs que je me suis fait (et les cernes), j’ai décidé que ma passion ne serait pas dévorante, mais un plus à doser.

Tu écoutes de la musique quand tu dessines ?

Oui. Agnès Obel, Aznavour, The Beatles, Rodriguez, Ane Brun, Dead can dance… J’aime les musiques qui accompagnent un voyage. En restant sur ma chaise, je m’évade un peu avec elles. Si je m’écoutais, je serais toujours sur la route. C’est dans l’évasion et la liberté que je me sens au plus proche de mes émotions.

Faustine BDQu'est-ce que tu détestes dessiner ?

Les décors (rhaaa !, je me suis vendue). Je sais que c’est parfois essentiel d’en faire, mais pour moi, c’est comme remplir une feuille administrative en plein milieu d’un bon restau.

Tu apprécies les festivals ?

Je ne suis pas invitée au festivals (grand silence gênant). Si je fais un bouquin avec mes deux personnages "Jacqueline et Simon", who knows ? Je pense que je suis dans une catégorie un peu hybride. Je fais du graphisme, des petits chats en aquarelle pour des éditions, je fais aussi des dessins modernes pour des marques, de la peinture de plantes, mes deux personnages pour me lâcher un peu, bref, trop dispersée peut-être. Mais, la possibilité créative - et non les cadres - c’est ça que j’aime.

Ton actu ?

Mon actualité, c'est "J’arrête d’avoir peur" chez Eyrolles, qui connaît un joli succès de par sa thématique qui me cause bien personnellement. "Mon agenda chéri" 2014-2015 chez Fleurus, avec les petits chats justement. "Mon petit fashion book" chez Eyrolles, avec tout plein de petits chats dedans. Et puis Evian, Nett, et … d’autres surprises.

Merci Faustine

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