Interview d’auteur : Marta Orzel

Marta Orzel




L'illustratrice Marta Orzel, née en Pologne, s'est installée à Nantes en 2013. Elle répond aux questions de Taille-Crayon.

Bonjour Marta. Peux-tu te présenter brièvement ?

Je suis Marta Orzel, j'ai 31 ans et je suis née dans à Ilza, une petite ville au centre de la Pologne.

Tu vis à Nantes depuis quand ?

Je suis venue m'installer à Nantes en Juillet 2013. Avant j'étais à Orléans.

Marta Orzel Ah L'EauTu as fait quoi, comme études ?

J'ai fait un lycée général dans ma ville natale. Ensuite deux ans dans une école préparatoire en section d'arts. En 2009 j'ai obtenu le diplôme de Master d'Arts à l'Académie des Beaux-Arts de Wroclaw, en Pologne. J'étudiais aussi pendant un semestre dans l'École supérieure d'Art et de Design d'Orléans.

Quand as-tu décidé de faire du dessin ton activité principale ?

Je me suis tournée vers l'illustration après avoir fait mes études. Aux Beaux-Arts j'étais en section de design graphique, mais en dernière année je me suis rendu compte que c'est le dessin qui était au centre de mes intérêts. Cependant mes connaissances de graphisme m'aident toujours dans mon travail d'illustrateur.

marta-orzel-1315dTu as participé à un fanzine ?

Il y avait plusieurs projets de fanzines auxquels je devais participer, la plupart proposés par des amis. Malheureusement très peu ont abouti, du au manque de temps, de motivation, de budget etc.

Qu'est-ce qui te plaît dans ton mode d'expression ?

C'est tout simplement là que je suis le plus à l'aise pour m'exprimer.

Tu travailles où ?

Depuis décembre je fais partie de l'association La Baie Noire et je partage l'atelier avec quatorze personnes. C'est ma première expérience dans un lieu de travail en commun et je l'apprécie énormément. Cela me permets d'avoir un rythme de vie plus sain, distinguer mon temps libre et le temps de travail, échanger les expériences avec d'autres dessinateurs et boire mon café du matin avec les gens sympas.

Marta Orzel RobinC'était quoi, tes lectures d'enfant ?

J'ai un souvenir d'un très beau livre avec des poèmes pour les enfants du célèbre auteur polonais Jan Brzechwa. C'était drôle, bien illustré et à force de lire et de relire je connaissais certains par coeur. Je me rappelle aussi d'une série des livres pop-up avec des comptes classiques des frère Grimm et d'Andersen. Beaucoup d'entre elles avec une ambiance sombre qui faisait bien peur et fascinant en même temps.

Et maintenant, tu lis quoi ?

En ce moment je lis pas mal de livres sur l'histoire de la Pologne. Je cherche des bouquins sur l'époque communiste de mon pays. Le fait de vivre à l'étranger m'a donné envie de m'y intéresser. En BD je lis ce qui me tombe dans les mains. Je n'ai pas une grande culture de BD. En Pologne, c'est très marginal, peu de gens en lisent.

Marta Orzel OursDévoile nous tes influences.

Mes influences sont très nombreuses et ne se limitent pas aux domaines directement liés aux arts plastiques. J'essaie de suivre ce qu'il se fait dans l'illustration contemporaine, souvent je trouve mon inspirations dans l'art, la science, la musique, la nature. Je cherche de ne pas s'enfermer dans mes habitudes et ne pas tomber dans la routine. Je reste donc curieuse de tout.

Comment tu qualifierais ton style ?

Je ne sais pas trop, je n'ai jamais cherché à avoir un style particulier, et mes dessins évoluent aussi suivant une commande ou un travail personnel. La question du style revient souvent, mais j'essaie de ne pas m'en préoccuper trop, je pense qu'il y a une cohérence dans mon travail qui revient naturellement.

Tu as une passion, un violon d'Ingres ?

Ma plus grande passion reste le dessin. J'ai donc de la chance de pouvoir en faire mon travail.

C'est quoi ton coup de coeur artistique du moment ?

Je dirais que c'est Yuichi Yokoyama, un manga rempli de personnages au visages étranges. J'aime son travail mais aussi son mode de vie dans les lointaines banlieues de Tokyo, dans des conditions plutôt sévères ou il passe ses journées à dessiner sans jamais passer par l'ordinateur. Je pense que c'est une intransigeance dans le travail dont je ne serais jamais capable qui me fascine.

Marta Orzel L'impossibleParles-nous de ta première publication ?

Ma première publication importante en France est le premier dessin de la série "The Nightwalker" réalisé pour le journal L'Impossible. J'étais soulagée que les couleurs d'impression soient justes et contente de participer à ce beau projet de journal, dès son première numéro et avec une équipe impressionnante.

C'est ta publication la plus importante ?

Oui. C'est difficile de commencer, de rencontrer les gens qui vont nous faire confiance pour nous donner l'opportunité du premier travail.

Ton actualité ?

Il y a le livre "Ah l'eau !" publié chez Actes Sud Junior et la Villette qui vient de sortir, trois livres édités pas les Éditions du Rouergue dont j'ai réalisé les couvertures sont à paraître en septembre. Je travaille également sur les quatre prochains numéros du magazine Marta Orzel GeorgesGeorges, où j'ai créé une histoire à suivre qui se présente à chaque fois sous la forme d'un plateau de jeux. Le premier épisode pour le numéro Grue est prévu en septembre. Je travaille actuellement sur notre collectif F*R*O*M* fraîchement conçu avec le graphiste Frédéric Rauzy ou l'illustration et le graphisme se rencontrent. Et je pars faire un tour de vélo de deux semaines pour découvrir la Bretagne.

Le projet dont tu rêves ?

Le projet avec un budget illimité et la liberté totale dans la conception et la réalisation.
Ainsi qu'un croissant au petit-déj tous les matins, garantie par le contrat.

Aimes-tu le contact avec le public ?

Marta Orzel TéléramaLe contact avec le public n'est jamais facile pour moi. Étant plutôt timide, j'ai horreur de parler en public. Mais une fois l'événement terminée je suis toujours contente de d'avoir rencontré les gens.

Qu'est-ce qui, à Nantes, pourrait favoriser le développement des activités des bédéastes et illustrateurs ?

Je ne sais pas vraiment. Je suis arrivée dans la ville il y a un an et jusque-là j'y trouve tout ce qu'il faut : des ateliers d'artistes, des expositions, des lieux dédiés à l'art et la musique, les librairies riches en bouquins de qualité et un public curieux.

Merci Marta.

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