Interview d’auteur : Olivier Martin

Interview Olivier Martin




Olivier Martin a signé le diptyque "Face cachée" avec Sylvain Runberg. Il revient cette année avec "Cases blanches" et répond aux questions de Taille-Crayon.

Je m'appelle Olivier Martin et je suis dessinateur / illustrateur de bande dessinée. Je suis né en 1974 à Angers et j'ai vécu à Nantes pendant plusieurs années. Dans un premier temps pour effectuer des études d'Arts Appliqués. J'y ai ensuite vécu jusqu'en 2005 avant de quitter définitivement la Cité pour des horizons lointains (le Japon). Actuellement, je vis à Paris.

Tu as suivi quelles études ?

Interview Olivier MartinAprès le collège à Angers, ce furent donc trois années au lycée Livet en Arts Appliqués puis deux ans en BTS expression visuelle et image de communication à Montaigu. Ensuite retour à Nantes pour un an aux Beaux-Arts. Je n'ai pas vraiment accroché, mais cela reste une année cruciale pour mon futur dans le milieu de la bande dessinée.
Avec une bande de potes, nous avions créé un fanzine nommé "Sueur de Béton". Le magasin Story BD avait eu l'amabilité de le défendre et donc de le vendre sur un présentoir à côté de vrais albums. Ce fut un excellent tremplin pour progresser, apprendre et expérimenter. Un numéro par mois, qu'il pleuve ou qu'il neige, comme les pros, c'était notre devise. Couplé à cela, je participais avec ferveur à de nombreux concours amateurs organisés dans les festivals BD des régions bretonnes et pays de Loire. C'est suite à mon premier prix au festival de Perros-Guirrec en 1996 (présidé par Régis Loisel), que j'ai pris la décision de tenter l'aventure professionnelle.

Qu'est-ce qui te plaît dans le mode d'expression que tu as choisi ?

Ce que j'aime dans le métier de dessinateur, ce sont les rencontres et l'émulation générée par les diverses collaborations. Le fait de se dire qu'il y a toujours mieux à faire et que donc rien n'est figé graphiquement. Ce que j'aime également c'est une forme de liberté dans la vie quotidienne car je travaille chez moi et je peux donc décider d'organiser mon temps de travail comme bon me semble. Et finalement, ce que j'aime c'est dessiner donc ça tombe bien !

C'était quoi, tes lectures d'enfant ?

J'ai adoré Pif gadget, Mickey et sa bande, Bleck le roc et Akim, Tintin, Gaston, Superman, mais aussi pleins d'autres types de livres ! Sûrement pas des livres toujours cités par les élites mais qui furent tout aussi importants car fondamentaux dans ma façon d'envisager le dessin et la manière de raconter quelque chose à quelqu'un. Plus tard, à l'adolescence, je me suis pris Moebius dans la poire, Rossi, Arno, Loisel, Otomo, Frank Miller, Bill Sienkewicz, Dave Mc Kean et tout le reste (la liste est longue !). J'étais aussi un gros lecteur du magazine Mad Movies, aficionado d'affiches de films, celles réalisées par l'illustrateur Melki par exemple. J'enregistrais aussi sur mes VHS un max de films que je collectionnais méticuleusement. Tout cela a été très formateur.

Et maintenant, tu lis quoi ?

Olivier Martin et Sylvain Runberg "Face cachée"Je lis un peu moins et je regarde moins de films, par manque de temps. Mais je me tiens au courant de ce qui se fait et mon dernier gros coup de coeur est sans conteste la série "Scalped" de Aaron et Guéra chez Vertigo. C'est une série magistrale à tout point de vue ! Je peux citer d'autres noms aussi, du côté de l'illustration et des arts graphiques : les grands illustrateurs américains comme Wyeth, Pyle, Remington, Rockwell, Harper, etc. Mais aussi Hokusai ou d'autres grands maîtres japonais, des dessinateurs de voyage également comme Mathurin Méheut ou l'aquarelliste Daniel Clavereul. Mais il y en a pleins d'autres bien sûr.

Comment tu qualifierais ton style ?

Je pense que j'ai un style semi-réaliste de type classique mais qui peut s'avérer plus jeté en fonction du type de récit que j'ai à raconter.

Tu as une passion, un violon d'Ingres ?

Ca reste dans le domaine du dessin : l'illustration animalière et le croquis de concert. Pour ce dernier point, je vous invite à jeter un oeil sur le site Croque and Roll live.

Quelle a été ta première publication ?

Mon premier album s'appelle "Erzurum". Il est paru en 1999 au éditions du Cycliste, un éditeur bordelais disparu depuis. Olivier Supiot avait signé le scénario. Nous nous sommes bien amusés !

Olivier Martin et Sylvain Runberg "Face cachée"Quelles publications te semblent particulièrement importantes dans ton parcours d'auteur ?

Elles ont toutes leur importances, ce sont toutes une pierre du chemin avec leurs défauts et qualités. Je citerai tout de même "Face cachée", une histoire en deux volumes édités chez Futuropolis, réalisée en collaboration avec Sylvain Runberg. C'est un thriller psychologique qui se déroule à Tokyo de nos jours et qui nous a valu un prix au Japon en 2010 à l'International Manga Awards. Cet événement culturel récompense des albums réalisés par des auteurs non-japonais mais dont les histoires ont trait à la culture japonaise, par le graphisme, le scénario ou les deux.

Ton actualité ?

Olivier Martin et Sylvain Runberg "Cases blanches"C'est un one-shot avec Sylvain Runberg au scénario chez Grand Angle : Le nom de cet album est "Cases Blanches". Une histoire en plein coeur de la profession avec un dessinateur de BD pour personnage principal. Ce sera en avant-première au festival Quai des Bulles de Saint Malo 2014, puis en sortie officielle à Angoulême en 2015.

C'est quoi le projet dont tu rêves ?

Par superstition je garde cela pour moi.

Tu aimes le contact avec le public ?

Le contact avec le public ne me dérange pas. Les rencontres type petites conférences en médiathèques sont un bon moyen pour informer les lecteurs sur notre façon de travailler, sur les difficultés croissantes de notre quotidien. Les dédicaces sont aussi très bénéfiques pour rencontrer les confrères, revoir les amis et parfois voyager un peu.

Es-tu d'accord avec l'association Taille-crayon qui pense que Nantes est un vrai vivier de talents de bédéastes et d'illustrateurs  ?

Nantes est depuis longtemps un méga-vivier et ces dix dernières années, la chose semble avoir pris une importance considérable. Je suis cela de loin mais je sais que beaucoup de nouveaux auteurs BD plutôt influents vivent désormais à Nantes.

Tu as gardé quoi, de Nantes ?

De ma vie nantaise je garde plein de souvenirs liés à mes débuts durant l'époque fanzine, mais aussi à la découverte d'autres auteurs du cru tel que ces vieux briscards d'Eric Sagot ou Bruno Bazile. Entre autres bien sûr ! Autrement j'ai aimé cette grosse ville à taille humaine, la Loire, Trentemoult, Royal de Luxe, déambuler dans les rues, prendre un café à droite, à gauche... La vie quoi !

Olivier Martin "Face cachée"

 



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