Interview d’auteur : Philippe Luguy





CRAYONANTES 2013 - Philippe Luguy sera présent au festival Crayonantes les 14 et 15 décembre prochains. Il répond aujourd'hui à nos questions.


Bonjour Philippe. Quelle est la première BD ou illustration que tu as lue ?

La première BD que j’ai lue, ce sont les aventures de Tintin, et j’étais passionné. C’était Tintin au Congo, je n’y ai vu que du feu dans le discours par rapport aux noirs. Il faut dire que la France était encore avec ses colonies et qu’on nous servait du y’a bon banania à tours de bras. J’ai vite demandé à mes parents la suite, Tintin en Amérique, mais l’achat d’un album se méritait et il m’a fallu attendre plusieurs mois avant que de le recevoir.

Quelle est la première BD ou illustration à laquelle tu as participé ?

Là c’est la question qui tue car j’ai travaillé dans tellement de titres et de journaux que je ne sais plus par où j'ai commencé. Ce dont je me souviens, c’est de la fierté que j’ai eu et de l’immense bonheur aussi, lorsque une de mes pages, un gag, est paru dans le Journal des Pieds-Nickelés, c’était en 1967-68 quelque chose comme çà. Je ne me souviens même plus de quoi était fait le sujet, ni du dessin d’ailleurs, c’était humoristique et pas très bien dessiné, c’est certain. mais l’émotion ressentie, elle, est intacte.

As-tu un mentor, un auteur/illustrateur qui t'inspire particulièrement ?

J’en ai plusieurs, et ce sont les grands classiques : Hergé, Peyo, Franquin, Disney (du moins ses dessinateurs), Jijé, Morris, etc. En fait tous ceux qui ont été ou sont mes grands aînés, et puis ensuite un peu tous. Il y a eu et il y a tellement de talents que l’on a de quoi se noyer et c’est génial.

Quel est ton héros/héroïne de BD ou d’illustration préféré ?

Tintin, pendant très longtemps, mais très vite j’avais les trois hebdos : Tintin, Spirou et Pilote qui était révolutionnaire. avec les Pilotoramas et Astérix et bien d’autres. C’est d’ailleurs à la suite d’un article concernant la façon de faire de la BD que l’envie d’en faire m’est apparue. Même si dans un premier temps mon désir profond était de devenir le Walt Disney européen. Modestie, quand tu nous tiens...

A quel moment de la journée travailles-tu le mieux ?

Le matin. Ensuite je suis plus plan-plan jusqu’à 17 heures. Mais ensuite c’est comme le matin, à fond les manettes. Je dessine longtemps, en général plutôt dix-douze heures par jour que huit.

Ecoutes-tu de la musique lorsque tu travailles ?

Oui bien entendu, mais jamais au moment de la création des dessins. Là, à ce moment précis, je suis dans le silence monacal. Ensuite j’écoute de tout, du blues, du rock, du classique, du jazz, vraiment de tout, avec bien entendu des prédilections pour certains. Et puis la radio qui tient vraiment compagnie, puisque quelqu’un parle, donc c’est une sciée compagnie. J’écoute surtout France Culture, pour les sujets mais également pour le rythme, qui me semble plus humain et moins assourdissant. Même France-Inter est devenu trop RTL. Et les pubs, ça m’emm...

Que détestes-tu dessiner par-dessus tout ?

Alors là je vais peut être en étonner plus d’un, mais rien. Car si j’ai des prédilections pour certains sujets, en dessin rien ne me dérange ou m’ennuie : les voitures, les bateaux, les avions, les engins spatiaux etc. Par contre je détesterai dessiner du porno par exemple, mais c’est à peu près le seul sujet pour lequel je n’aurais pas de plaisir. C’est le cas de le dire.

Qu'est-ce que tu apprécies dans les festivals auxquels tu es invité ?

Plein de choses, la convivialité, la rencontre avec les lecteurs et les retrouvailles avec les collègues. Mais aussi celles avec les organisateurs qui sont vraiment dévoués, et dont je n’oublie jamais qu’ils consacrent beaucoup de temps à la réalisation de ces événements, et aussi les bénévoles qui eux aussi donnent du temps. Le fait aussi d’aller de région en région est quelque chose que j’aime bien. Et puis avec nos dédicaces il semble que nous fassions des heureux (même si certains exagèrent un peu) et c’est plutôt sympa de faire plaisir. non ?

Ton actualité ?

La dernière parution est un Percevan, le 15ème de la série chez Dargaud, Le Huitième Royaume, toujours avec aux manettes du scénario Jean Léturgie. Dans les projets en cours de réalisation, La Mare aux Nymphes avec Corbeyran, un 62 pages que je réalise en couleurs directes. Le seizième Percevan, La couronne du crépuscule. Le deuxième Gildwin, Le Conteur Magnifique. Plus quelques affiches et illustrations. bref de quoi occuper les longues journées d’hiver. Et même d’été.

Si tu étais un sport ?

La plongée sous marine. sensation d’être dans un autre monde, perte des sensations terrestres etc.

Si tu étais un aliment, un plat ?

Un pot-au-feu (et non un pote au feu).

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