Interview d’auteur : Thomas Gochi





L'auteur nantais Thomas Gochi, issu de l'équipe Vide-Cocagne, répond aux questions de Taille-Crayon.

Bonjour Thomas. Peux-tu te présenter brièvement ?

Bonjour, je m’appelle Thomas Gochi, je suis né au XXè siècle à Nantes. J‘y vis donc depuis presque toujours, à part quelques excursions en terre inconnue, à savoir le Loir-et-Cher et la Touraine, Limoges, et même la Vendée.

A quel moment as-tu décidé de faire de la BD ?

Après mon master de géographie, j’ai travaillé quelques années dans l’urbanisme. Je ne me suis donc jamais préparé à vivre de la BD. C’est un concours de circonstances qui m’a « décidé » à faire de la BD, j’ai eu la chance de rencontrer l’équipe de Vide Cocagne à un moment où j’étais au chômage.

As-tu participé à un fanzine ou à un collectif ?

À 17 ans, avec un copain j’ai créé l’Arsouille, fanzine photocopié et vendu dans la cour du lycée. Qu’il s’agisse de cette première expérience, ou de ma récente participation au collectif Alimentation Générale, à chaque fois le bénéfice est double : le regard du lecteur, pour moi qui n’ai jamais publié de livre, et surtout la confrontation de son travail à celui des autres illustrateurs du collectif.

Qu'est-ce qui te plaît dans le mode d'expression que tu as choisi ?

Ce que je préfère, c’est l’aspect bricolage, instantané : avec peu de matériel, on peut immédiatement créer une situation, une histoire… Et puis c’est un plaisir irrationnel, un peu idiot, celui de dessiner, même tout seul dans son coin, même sans finalité directe.

Où travailles-tu ?

Je "travaille" chez moi, juste à côté de la chaîne hifi, parce que je ne suis pas vraiment un auteur BD, mon activité ne justifie pas et ne permet pas la location d’un atelier.

Quelles ont été tes lectures d'enfant ?

Roald Dahl, Akira, Les voyages interplanétaires de Grand Père Colonconte, Dragon Ball, Les Bizardos, Jules Verne, Asterix… La rubrique à brac, Lucky Luke, Spiderman, Chroniques martiennes, Maus, Moustache et Trottinette… Que des classiques.

Et maintenant, que lis-tu ?

Un peu la même chose ! Qu’il s’agisse de BD ou de romans, j’aime qu’on me raconte des aventures, des histoires, avec des personnages auxquels on s’attache, et à la fin on est triste, on attend la suite et en plus y en aura jamais.

Quelles sont tes influences Est-ce que d'autres t'ont marqué et t'inspirent ?

Mes influences sont multiples, et relèvent autant de mes lectures que de rencontres : quand je rencontre quelqu’un de doué, je passe un temps fou à me forcer à pas essayer de dessiner comme lui. Jusqu’au suivant. Et malheureusement, à Nantes des gens doués y en a plein. J’écoute aussi beaucoup de musique, évidemment ça marque, ça inspire sûrement aussi, même si c’est plus insidieux. C’est vrai que j’écoute pas mal de rock hardcore ou métal, et c’est peut-être pour ça que mes dessins sont un peu lourds et agressifs.

Comment qualifierais-tu ton style ?

Étant donné que je n’ai pas de formation dans l’illustration, j’ai du mal à théoriser tout ça. Comme beaucoup de dessinateurs aujourd'hui, mon « style » (en espérant que j’en ai un) est un mélange de tout ce que je viens de citer, un truc un peu bancal, que j’essaye quand même de personnaliser.

As-tu une passion, un violon d'Ingres ?

À part le dessin, la musique. La bédé et le rock, en fait j’ai toujours 14 ans, j’ai juste pris quelques centimètres.

notwist

Quel est ton coup de cœur artistique du moment ?

Le nouvel album de Notwist ! Il n’est pas encore sorti au moment de cette interview, mais je sais déjà qu’il va beaucoup me marquer !

Quelle a été ta première publication ? Qu'as-tu ressenti devant l'ouvrage ?

"Ce qu’il s’est passé à Nantes", dans la collection Sous le manteau de Vide Cocagne. Ça reste un fanzine, mais c’est le premier que je n’ai pas sorti moi-même ou avec des copains. Je n’ai donc pas ressenti grand-chose devant l’ouvrage lui-même, mais ça m’a fait vachement plaisir que des gens que je ne connaissais pas viennent me trouver et me disent : Ton truc est cool, ça mérite qu’on le mette en librairie, et on va l’assumer avec toi !

Dans ton parcours d'auteur, quelles publications te semblent particulièrement importantes ?

Il y en a tellement peu, que toutes sont importantes ! Donc oui l’Arsouille parce que c’était le premier et le plus con, Ce qu’il s’est passé à Nantes pour les raisons citées plus haut, le collectif Détachez vos ceintures parce qu’il s’agit d’une publication assez forte, qui a mobilisé plein de beau monde hyper vite pour une cause importante. Et Alimentation Générale, parce que c’est quand même les meilleurs.

Quelle est ton actualité ?

J'ai participé à l’exposition Le Grand Moustachier, en ce moment à la BU de santé de Nantes (vernissage le 25), une exposition qui regroupe plein de talents moustachus comme B-Gnet, Olivier Texier, Pich’, Tangui Jossic, Anouk Ricard, Soulcié, et plein d’autres. Je travaille aussi sur A(ch)ille : l’histoire de SuperPowerWonderMan, superhéros du Hard Rock vivant à Detroit Rock City. Un livre avec de la bagarre, des larmes, du Hard Rock underground et des trahisons. C’est un buddy movie en solitaire.

Quel est le projet dont tu rêves ?

Déjà, sortir A(ch)ille ! Ensuite, des projets y en aura plein d’autres !

Aimes-tu le contact avec le public ?

Oui beaucoup ! J’ai participé à des combats d’improvisation, à des « matchs à bulles » en festival, avec Vide Cocagne j’anime aussi des ateliers pour enfants. Toutes ces interventions sont riches parce qu’elles offrent une interaction directe avec les gens, ça plaît ou ça plaît pas, et ils le disent tout de suite. Et elles me sortent de mon bureau.

Qu'est-ce qui, à Nantes, pourrait favoriser le développement des activités des bédéastes ou des illustrateurs ?

Plusieurs choses ! D’une part des outils adaptés (lieux d’exposition, ateliers, matériel commun…), d’autre part une reconnaissance accrue des institutionnels et du public nantais, qui ne savent pas qu’il y a tous ces talents à proximité. Avec Vide Cocagne, on y travaille ! Et le festival Kraft, monté par Pol’N, est un autre pas important dans ce sens.

Sur le web :

Bibliographie :

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