Interview d’auteur : Vincent Sorel

Interview Vincent Sorel




Vincent Sorel est le dessinateur de "Les pénates", publié chez Professeur Cyclope et sorti en 2014 chez Casterman. Il sera présent aux Crayonantes les 13 et 14 décembre 2014. En attendant, il répond aux questions de Taille-Crayon.

Bonjour Vincent, peux-tu te présenter brièvement ?

Vincent Sorel, 29 ans, né à Caen.

Depuis quand vis-tu à Nantes ?

Ça fait maintenant trois ans et demi.vincent-sorel-les-penates

A quel moment as-tu décidé de faire de la BD ?

C'est venu très jeune, dès l'école primaire je crois. En gros j'ai toujours voulu faire de la bande dessinée.

Quelles études as-tu suivies ?

J'ai rapidement voulu orienter mes études vers l'artistique en visant la BD. Il y a eu quelques détours, mais c'est finalement un parcours assez fréquent : bac arts appliqués suivi d'un BTS de graphisme, puis licence arts plastiques, suite à laquelle j'ai (enfin) pu entrer aux Arts Décoratifs de Strasbourg pour travailler l'illustration et la bande dessinée.

As-tu participé à un fanzine ou à un collectif ?

J'ai fait mes premières publications aux Arts Décos dans des fanzines lancés par des copains  : Écarquillettes (Julia Wauters & Glen Chapron) et numo.fr, une revue sur le net (à l'époque on disait « webzine ») lancée dès 2007 si ma mémoire est bonne. Pour un auteur débutant c'est un très bon moyen de faire ses armes, d'expérimenter et de tester des choses.

Qu'est-ce qui te plaît dans le mode d'expression que tu as choisi ?

J'ai toujours voulu raconter des histoires, et toujours aimé dessiner. La bande dessinée est un bon compromis pour ça. Et plus je me suis intéressé à ce médium, plus je me suis rendu compte de la richesse de ses possibilités. La question de la structure, du travail de la page (et de la double-page) m'intéresse beaucoup, même s'il me reste encore beaucoup à explorer.

Où travailles-tu ?

Je travaille en atelier avec une joyeuse bande d’auteurs/illustrateurs : Benjamin Adam, Glen Chapron, Claire Péron et Mathieu Demore. C'est devenu indispensable pour moi  : travailler avec des gens autour, pouvoir échanger avec eux, pouvoir décompresser aussi parce que c'est un métier qui peut être stressant et prenant.

Quelles ont été tes lectures d'enfant ?

J'ai beaucoup lu quand j'étais enfant : de la littérature et de la BD. J'ai d'abord lu ce qu'il y avait dans la bibliothèque de mes parents  : Astérix, Lucky Luke, Tintin, mais aussi les Rubriques-à-brac de Gotilb, que j'aimais lire même si je ne comprenais sans doute pas tout. Il y a eu beaucoup d'autres choses, j'ai par exemple été très fan du Spirou de Tome & Janry (j'ai découvert le travail de Franquin plus tard).

Et maintenant, que lis-tu ?

Je lis malheureusement moins qu'il y a quelques années. Je continue de lire des BD et de la littérature quand j’en trouve le temps.

Quelles sont tes influences ?

La liste serait longue et peut-être rébarbative : Nicolas de Crécy m’a beaucoup marqué à une époque, ainsi que des illustrateurs américains tels qu’Ashley Wood, Kent Williams ou Mike Mignola. Je regarde beaucoup et de près Blutch, Katsuhiro Otomo, Muñoz et Sampayo, Christophe Blain, Jack Kirby, Chris Ware. Je regarde aussi des affiches, du graphisme, le cinéma, la littérature, et des peintres comme Degas, Manet, Courbet, Hopper, Hockey. J’essaye d’être curieux et ouvert, en sachant que tout est intéressant, pour l’inspiration ou pour la culture personnelle.

vincent-sorel-petit-traite-de-philosophie-charcutiereEst-ce que d'autres oeuvres t'ont marqué ?

J’écoute beaucoup de jazz (et j’en joue) et j’essaye d’intégrer les logiques d’improvisation (contrôlée) dans mon travail, mais j’ai sans doute encore trop envie de contrôle pour y aller à fond. Il y aurait plein de choses à ajouter, mais honnêtement j’aurais du mal à citer des choses en particulier. Je crois au mélange des arts et à leur porosité.

Comment qualifierais-tu ton style ?

Question piège...

As-tu une passion, un violon d'Ingres ?

Comme dit plus haut, je joue du piano jazz depuis plusieurs années. Je dirais que je suis toujours en phase d’apprentissage, mais je continuerai sans doute à apprendre toute ma vie – du moins je l’espère !

Quel est ton coup de coeur artistique du moment ?

J’ai découvert le travail d’un peintre dont je sais peu de choses qui s’appelle Andrew Chuano Ho. J’aime beaucoup son univers, ses couleurs. Certains tableaux trônent sur mon bureau depuis plusieurs semaines. Dans la BD je me replonge dans des grands classiques du manga, que j'avais oubliés ou pas encore lus : Akira, Nononba, Amer Béton.

vincent-sorel-diogene-loursQuelle a été ta première publication ?

Hormis le travail de fanzine mentionné plus haut, j'ai eu la chance de signer assez vite après mes études un projet BD dont j'ai été scénariste et dessinateur  : "L'Ours", paru en 2010 chez Actes Sud/L'An 2. J'ai ressenti des sentiments mélangés : une grande excitation et de la fierté partagées avec une légère déception liée à la qualité d’impression (j’ai depuis appris que les lavis de gris étaient compliqués à rendre).

Dans ton parcours d'auteur, quelles publications te semblent particulièrement importantes ?

Je n'ai peut-être pas assez de publications à mon actif. Je dirais simplement la dernière.

Ton actualité ?

"Les Pénates", écrit par Alexandre Franc, est sorti fin août, dans toutes les bonnes librairies. Et "Les Autres Gens", aventure à laquelle j’ai participé, continue sa vie.

Quel est le projet dont tu rêves ?

J’en ai plusieurs dans les cartons, mais il est trop tôt pour en parler.

Aimes-tu le contact avec le public ?

Je participe régulièrement à des dédicaces ou à des festivals, c’est un moment privilégié pour rencontrer un public. Pas toujours très nombreux mais passionné. Je suis également professeur de dessin dans une école de graphisme, ce n’est pas mon public mais c’est un défi intéressant : arriver à transmettre une passion, mettre en mots des fonctionnements qui me sont devenus instinctifs. Difficile mais passionnant.

vincent-sorel-diogene-lhomme-chienQu'est-ce qui, à Nantes, pourrait favoriser le développement des activités des bédéastes et des illustrateurs ?

Le développement d’un festival, la création, comme il en avait été question, d’une maison de la culture de la BD. Encore que Nantes soit plutôt bien placée avec les nombreuses librairies et évènements autour de la BD.

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